Les grandes glaciations

et le lac Léman

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animations:      - Histoire du climat et des grandes catastrophes qu'il a provoqué

                       - l'avant dernière glaciation (Riss)

                       - la dernière grande glaciation (Wurm)

                       - le climat au cours des temps historiques

 

Depuis trois millions d'années, au moins, le climat de la planète n'a jamais cessé d'osciller entre chaud et froid. On a pu repérer au moins 20 glaciations différentes pendant cette période.

L'avant dernière de ces grandes glaciations, est celle de "Riss". Elle a commencé il y a environ 400 mille ans.

Le petit glacier du Rhône grandit, rampe.

A son paroxysme, la glaciation a congelé tellement d'eau que le niveau des mers en a été abaissé de plus de 100 mètres!

Glaciation de Riss

 

 

 

En tout trois épisodes pour l'histoire de la seule glaciation de Riss qui s'est terminée il y a 130'000 ans.

Et puis,  le soleil est revenu sur la terre et la débâcle a commencé.

L'interglaciaire qui a suivit a duré 60 mille ans

 

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Mais il y a 70 mille ans, c'est le début d'une nouvelle glaciation, celle appelée WURM.

Ce sera la dernière donc la plus récente.

                                     

Animation de la glaciation de Wurm

 

 

 

                                                                                       

Un bref réchauffement, il y a 40'000 ans permet l'établissement de l'homme du Neandertal dans la région.

 Ce ne sont que quelques tribus venues de l'Est lointain. Ces gens allument de grands feux à l'entrée des cavernes du Salève et des grottes de Scex, près de Villeneuve. A l'aide de silex, ils taillent des armes primitives, des bijoux rudimentaires. Ils dessinent avec du sang et du charbon quelques silhouettes. Mais, ils doivent affronter le dernier refroidissement connu, il y a 20'000 ans.

Puis, les glaces disparaissent de manière étrangement brutale: Le niveau des mers remonte rapidement, de plus de 3 mètres par siècle! (à comparer avec les quelques centimètres d'augmentation du niveau des mers pendant tout le 20 ième siècle industriel !) Le front du glacier recule de plusieurs kilomètres par ans!

De nombreux animaux, parmi lesquels le mammouth, le renne, la perdrix des neiges migrent vers le nord de l'Europe.

Alors, le silence de l'abandon retombe sur les rives sauvages du lac.

En se retirant, la dernière des grandes glaciations a laissé le lac Léman à peu près tel qu'il est aujourd'hui mais sa profondeur, partiellement remplie de moraines et de sédiments est réduite à 300 mètres environ, dans un paysage griffé par les glaciers.

Et puis, le soleil a fait revivre les plantes et les animaux. Une pauvre vie tout d’abord : rabougrie, tordue par les vents glacés qui soufflent encore sur les poussières de la débâcle mais une vie quand même qui s’accroche aux moraines, rampe dans les vallées, grimpe le long des rivières et des torrents.

 

Le calme originel

imaginé par O.Gonet

(huile sur toile 105x57 cm.)

Dans la lointaine Méditerranée, de grandes civilisations germent et fleurissent. En Égypte, en Babylonie, on invente l’écriture, on construit les premières grandes villes du monde chaldéen : Ur, Mari. Des cités brillantes, grouillantes et cruelles. Là-bas, on invente, on ose, on rit, on réfléchit, on jouit de la vie.

Pendant ce temps, en Suisse Romande, quelques familles très misérables traversent à nouveau la grande forêt, redécouvrent le bord du lac et commencent la construction des premiers villages sur pilotis.

C’est le début de la longue et assez mystérieuse histoire des lacustres.

Les premiers lacustres se sont battus contre l’ours brun et les loups. Ils ont défendu leur village et leurs provisions contre le renard, le blaireau, la fouine, la martre, le putois, l’hermine, la loutre et le chat sauvage venu d’Orient lui-aussi. Mais, la vie leur était quand même facile. La grande forêt fournissait quantité de petit gibier : le lièvre, le mulot, le castor, l’écureuil, le hérisson et dans le lac lui-même,  les poissons.

Au fil paisible d’innombrables générations, la vie des hommes s’est lentement perfectionnée. Les premiers lacustres n’étaient que chasseurs et pêcheurs. Peu à peu, ils apprirent à déboiser pour cultiver. Les villages se sont multipliés. Chose curieuse, leur emplacement correspond à celui des petites villes actuelles : Cully, Lutry, Vidy, Saint Sulpice, Morges, Saint Prex, Rolle, Nyon Coppet, Les Pâquis, les Eaux-Vives, Nernier, La Coudrée, Thonon etc...

Dans les âges les plus florissants de la civilisation lacustre, certains de ces villages sont devenus très grands : La Morges lacustre fut habitée par une population de l’ordre de mille cinq cent âmes. Évidemment, les habitants d’une cité aussi importante s’étaient divisés en différents corps de métier, ce qui est considéré par les archéologues comme un progrès décisif dans l’évolution d’une société.

Il y avait le potier qui ignorait l’usage du tour mais façonnait l’argile de ses mains pour en faire des vases de toutes sortes. Il y dessinait des ornements rudimentaires : parfois simplement l’empreinte de ses doigts, parfois des chevrons, des croix, des croix gammées.

Dans la corne de cerf, le sculpteur lacustre taille des flèches barbelées, des hameçons, des harpons mais aussi des ciseaux et des peignes. Dans l’os, il polit des poignards, des poinçons. Dans le bois, il creuse des coupes, des cuillères, des faucilles. Le filateur connaît l’emploi du fuseau pour tordre le fil de laine. Le tisserand possède un métier primitif. Le charpentier ne construit pas seulement les villages, il sait aussi creuser d’admirables canots dont les plus grands mesuraient jusqu’à dix ou quinze mètres de longueur. A peu près la taille de nos yachts modernes sur le lac.

 

Le petit monde des lacustres vu par
O.Gonet

huile sur toile 60 x 40 cm

Au siècle dernier, l’épave de l’un de ces grands bateaux lacustres se trouvait encore à moitié enfouie dans le fond du lac, au large de Morges. Vers 1820, quelques jeunes gens ont cru pouvoir le renflouer mais ils y ont mis tant d’énergie, ils ont tellement tiré que l’épave a fini par se casser en deux parties. L’une, abandonnée sur la plage, pourrit très rapidement sans laisser aucun souvenir. L’autre, qui était restée dans son lit de vase, se conserva parfaitement intacte. Avec mille précautions, elle fut renflouée en 1877 et confiée au Musée Archéologique de Genève.

C’est évidemment le plus vieux bateau du lac !

L’un des premiers archéologues à s’intéresser aux lacustres s’appelait Desor. Il se promenait un jour, au bord du lac, lorsqu’il rencontra une jeune fille qui portait au poignet un bracelet lacustre authentique. Il lui demanda naturellement d’où provenait son bijou. Elle lui dit l’avoir trouvé sur la plage, entre deux galets et sans en deviner l’origine, lui a rendu spontanément sa fonction vénérable d’ornement raffiné.

Pauvres lacustres ! Les événements préhistoriques qui ont provoqué leur chute et leur disparition restent aujourd’hui encore inconnus, (en tous cas, à ma connaissance).

 

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Mais, bien sûr, la vie a continué.

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Voici Histoire du climat et son évolution

au cours des temps historiques

 

 

animation: Etta Gonet (voir aussi les animations pour enfants, du même auteur)

dessins et scenario: Olivier Gonet

 

L'auteur serait enchanté de lire vos commentaires, critiques ou suggestions (e-mail: ogonet@ctv.es). Soyez assuré qu'il vous répondra personnellement.

 

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